Noëls Noëls français du XVIIIe siècle aux instruments
Les clips audio
Corrette: Tous les bourgeois de Chastres
Corrette: Noël provençal
Les éloges de la critique pour Noëls
Une simplicité toute classique confère beaucoup de charme et de grâce au programme
de ce disque, qu’on réécoute avec plaisir, cela va de soi…
— Le Journal de Montréal (Québec)
5 étoiles — Excellent
— La Scena musicale (Québec)
Jean-François Dandrieu Michel Corrette Louis-Claude Daquin Claude Balbastre
Les Boréades Francis Colpron Hélène Plouffe Susie Napper Marie Bouchard
Noëls aux instruments
Selon la définition que Jean-Jacques Rousseau en donnait dans le
Dictionnaire de musique publié en 1768, les noëls sont des «sortes d'airs destinés à
certains cantiques que le peuple chante aux fêtes de Noël». Issues et nourries par une
volonté de réjouissance populaire, ces mélodies doivent avoir un caractère champêtre,
pastoral, foncièrement simple. Les compositeurs qui contribuèrent à l'élaboration d'un
répertoire de noëls puisèrent donc sans contrainte dans le réservoir le plus
susceptible de correspondre aux besoins d'un peuple familier avec ce mélange de joie et
de dévotion: la chanson populaire, destinée ou non aux fêtes entourant la Nativité. Ces
«noëls sur timbre» ont parfois traversé l'océan, et continué d'être chantés sur des
textes pouvant varier selon les régions. Ainsi, «Où s'en vont ces gays bergers» nous en
fourni un exemple puisqu'il est devenu, dans nos contrées, «Ça bergers
assemblons-nous». Le répertoire liturgique a également fourni nombre de mélodies
simples et faciles à retenir, afin de faire corps avec l'esprit de ferveur religieuse
dégagé par la fête de Noël.
Si le XVe siècle voit se répandre ces chants religieux français issus pour la
plupart du répertoire profane, c'est dans le courant des XVIIe et XVIIIe siècles que
l'on voit apparaître des versions instrumentales de ces mélodies, écrites
essentiellement pour l'orgue. La structure en devient alors très libre, appelant des
développements virtuoses et l'usage de la variation, comme en témoigne le titre du
recueil de Claude Balbastre publié en 1770, Recueil de Noëls
formant quatre suites avec des variations. Bien que composés par des organistes,
ces noëls donnent également certaines libertés aux interprètes, dont celle de les jouer
sur divers instruments. Ainsi, Louis-Claude Daquin, un des auteurs
célèbres de noëls pour l'orgue, apporte sur la page titre de son Nouveau livre de
Noëls pour l'orgue et le clavecin la précision suivante: «la plupart peuvent
s'exécuter sur les violons, flûtes, hautbois, etc.». De même chez
Corrette retrouve-t-on une indication semblable dans l'avertissement
de l'édition originale de son Nouveau livre de Noëls (1753): «Les violons,
flûtes, violes, et violoncelles peuvent concerter ces noëls avec le clavecin».
Jean-François Dandrieu reprend, dans son Livre de
Noëls (1759), des œuvres de son oncle Pierre qui publie en 1714 un recueil
important dans l'histoire du genre, où il est le premier à introduire des musettes,
danse populaire à saveur paysanne. Le neveu y ajouta bien sûr quelques pages de sa
composition, caractérisées par la simplicité et le pittoresque. Organiste à la Chapelle
Royale, Jean-François Dandrieu interprète lui-même ses oeuvres à
l'occasion de Noël, à l'instar de ses collèques Daquin et
Balbastre. Successeur de Dandrieu à la Chapelle
Royale puis organiste à Notre-Dame de Paris en 1755, Danquin connaît
un tel succès en tant qu'improvisateur qu'on doit parfois faire intervenir les forces
de l'ordre dans les rues de Paris, afin d'endiguer les foules les soirs de prestations.
On rapporte également que les improvisations de Balbastre à l'occasion
de la fête de la Nativité attiraient tant de gens, que l'on craignait «les désordres
causés dans l'église». Si bien qu'il se vit interdire par deux fois l'accès à la
tribune de l'orgue de Notre-Dame-de-Paris lors de la messe de minuit, sur ordre de
l'Archevêque de Paris. A l'époque où est publié son Nouveau livre de
Noëls, Michel Corrette, fils du grand organiste Gaspard
Corrette, occupe quant à lui la tribune des jésuites de la rue
Saint-Antoine.
Malgré l'aura de sérieux entourant les charges d'organistes dans des églises
prestigieuses, ces compositeurs renommés n'ont pas hésité à donner au peuple et à la
tradition musicale occidentale des œuvres qui n'ont pour but que d'exalter la foi
populaire, dans un esprit de réjouissance empreint d'une naïveté que n'a jamais
désavouée la chrétienté.
— Dominique Olivier
01.Dandrieu: Nous sommes en voie
02.Corrette: Tous les bourgeois de Chastres
03.Daquin: Noël no 2 «Or, nous dites, Marie»
04.Corrette: Noël provençal
05.Daquin: Noël no 3 «Une bergère jolie»
06.Corrette: «Où s'en vont ces gays bergers»
07.Corrette: «Joseph est bien marié»
08.Balbastre: «Il est un petit l'ange»
09.Daquin: Noël no 1 «A la venue de Noël»
10.Corrette: «Une jeune pucelle»
11.Corrette: «Bon Joseph écoute moy»
12.Dandrieu: «Noël poitevin»
Octobre 1996
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